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Culture et loisirs - Henry Ey, grande figure de Bonneval

Henry EY
1900 - 1977
Né à Banyuls dels Aspres, dans les Pyrénées orientales, le 10 août 1900, il a fait ses études médicales à Toulouse et surtout à Paris, en même temps que poursuivi des études philosophiques à la Sorbonne.
Interne des HP de la Seine (élève de P. Guiraud, A. Marie, Capgras et H. Claude). Chef de clinique des maladies mentales et de l'encéphale à la Faculté de Paris de 1931 à 1933.
Médecin chef de l'Hôpital psychiatrique de Bonneval dans l'Eure et Loir,de 1933 à 1970, siège de colloques historiques, devenu depuis "Hôpital Henri EY".
Il a dirigé la Société de l'Evolution psychiatrique, le Syndicat des psychiatres des hôpitaux , l'Association mondiale de psychiatrie, la Bibliothèque Neuropsychiatrique de langue française des Editions Desclée de Brouwer, mais aussi l'Amicale des catalans de Paris et le Club taurin de la capitale.
Engagé volontaire en 1944. Croix de guerre. Docteur Honoris causa des universités de Montréal, Zurich, Homburg, Lima, Barcelone.
Henri EY puisait la majeure partie de son oeuvre et de sa réflexion de la consultation des ouvrages et revues de la Bibliothèque de l'Hôpital Sainte Anne, qu'il anima de 1931 à 1970 et qui porte justement aujourd'hui le nom de Bibliothèque Henri EY.

Importance d'Henri EY
"Henri EY a incarné, au-delà des différences d'école, la psychiatrie française pendant une bonne cinquantaine d'années, pour les psychiatres français, mais aussi pour nos collègues étrangers, en particulier hispaniques et allemands. Il l'a incarnée et promue aussi bien dans sa portée scientifique que dans son originalité institutionnelle. C'est lui qui l'a en quelque sorte tenue sur les fonds baptismaux au moment de son individualisation par rapport à la neurologie, il y a presque trente ans" (Pr. Arthur Tatossian, 1995).
"Modèle d'identification, certes peu accessible mais absolument ouvert, tolérant, induisant même la contradiction à condition qu'elle soit cohérente... chacun savait que toute réflexion approfondie passait par la confrontation avec lui. Si l'on redoutait parfois son jugement, c'est qu'il signifiait prise de conscience d'une insuffisance objective... tous savaient qu'en matière de ce qui lui importait le plus, à savoir la psychiatrie, la rencontre avec EY était inévitable" (G. Daumezon, 1978).
"...peut-être le plus grand psychiatre de son temps" (André Green, 1977).
Il fut le "maître visionnaire de la psychiatrie du XXème siècle" (C.J. Blanc).

Quelques-uns de ses thèmes et combats privilégiés
Il s'est intéressé à presque tous les secteurs de la pathologie mentale, à toutes les formes de traitement ; n'étant l'esclave d'aucune et ne se voulant qu'au service de l'homme souffrant, de l'homme privé de sa liberté (conception de la psychiatrie, comme "pathologie de la liberté").
EY pensait, à tort ou à raison, qu'il est possible de définir la normalité, que la psychiatrie doit avoir un objet, qu'elle doit se fixer des limites. Il se pose en naturaliste de la médecine mentale (il y a des"espèces" naturelles), revendique son statut de thérapeute, veut réintégrer la psychanalyse dans la psychiatrie et la psychiatrie dans la médecine (thème de son dernier grand chantier, inachevé).
Mais il lui a fallu d'abord lutter pour la séparation de la psychiatrie et de la neurologie : simple crise de croissance a posteriori, mais combat syndical redoutable sur le moment.
A partir des années 70, ce résultat étant acquis, le combat contre l'antipsychiatrie divise ses troupes et trouble ses disciples. L'organo-dynamisme est moins pertinent. En résumé : Pionnier d'une "psychiatrie dynamique", mais adversaire d'une psychanalyse trop démédicalisée, trop "anencéphale". La grande oeuvre du psychiatre catalan Henri EY, c'est "l'unification de la psychiatrie et de la psychanalyse" (R.Sarro, 1978).

L'oeuvre écrite d'Henri EY
EY a écrit plus de 430 textes, dont une vingtaine d'ouvrages importants parmi lesquels : Hallucinations et Délire (1934), Essai d'application des principes de Jackson à une conception dynamique de la neuropsychiatrie (1938 et 1975), Les Etudes psychiatriques (1948 à1954), le Traité de Psychiatrie de l'EMC (1955...), le Manuel (1960), le Traité des hallucinations (1973), Naissance de la Médecine (1981).
Son oeuvre scientifique et philosophique est immense. Il est devenu un grand classique, l'auteur du "trésor clinique" des Etudes psychiatriques (publiées chez Desclée de Brouwer entre 1948 et 1954) et du monumental Traité des hallucinations (Masson, 1973), peut-être bien "l'ouvrage psychiatrique du siècle".
Le point de ralliement, c'est l'éthique : une manière d'appréhender le sujet malade dans son histoire (globalité, unité. Faire de la psychiatrie, être psychiatre... c'est se placer de ce point de vue "qui permet de saisir l'unité de cette diversité") et un devoir de se mettre à son service "en mettant en oeuvre le maximum de procédés thérapeutiques rationnels".

 

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